Cantines sans plastique : le réemploi selon Tremplin
Depuis janvier 2025, les contenants en plastique sont interdits en restauration collective scolaire et universitaire, dans les crèches et dans les services de pédiatrie, d’obstétrique et de maternité. Les collectivités de moins de 2 000 habitants ont jusqu’en janvier 2028. Réussir des cantines sans plastique oblige les cuisines centrales à repenser toute leur chaîne. Le groupement Tremplin, qui a présenté son retour d’expérience à Saint-Denis en février 2026, montre comment s’y prendre.
Un groupement né d’un vide du marché
Quand la loi a été adoptée, aucune offre industrielle structurée ne répondait aux besoins des cuisines collectives. Tremplin a donc été créé en 2021 pour mutualiser l’achat de contenants réemployables et d’équipements de conditionnement. Il rassemble aujourd’hui plus de 70 villes gérant leur restauration en régie, dont Tours, Nantes, Toulouse, Rennes et Grenoble. Cela représente environ 50 millions de repas par an. Entre juin 2022 et mai 2025, 5 consultations ont permis de référencer des fournisseurs où chaque membre peut ensuite composer sa propre solution.
Quel contenant choisir ?
Le groupement a testé quatre options, chacune avec ses limites :
- La boîte en verre, choisie par Grenoble pour le portage à domicile, est qualitative, mais ses joints peuvent être mal lavés.
- Le bac gastro avec film étirable operculé est hermétique, mais difficile à maîtriser pour de gros volumes de plats chauds.
- Le bac à couvercle simple avec banderolage, le plus répandu parmi les membres, est pratique à stocker et inviolable. Cependant, il supporte mal les plats en sauce liquide.
- Le bac à couvercle hermétique règle le problème des sauces mais demande un poste de pressage pour limiter les troubles musculo-squelettiques.
Lavage, cadences et traçabilité
Le lavage peut se faire en interne ou chez un prestataire, selon les locaux, le personnel disponible et le niveau de contrôle sanitaire souhaité. Côté production, les chaînes de conditionnement visent 600 à 900 bacs par heure sans sacrifier l’ergonomie des agents. Pour éviter les pertes de contenants, les membres s’appuient sur un suivi par QR code ou RFID.
Tremplin en tire une conclusion claire : il n’existe pas de solution unique pour sortir du plastique. Le groupement a surtout constitué une boîte à outils que d’autres collectivités peuvent reprendre, à condition d’accompagner aussi le changement des pratiques en cuisine.
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